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Comme promis, le soleil était au rendez-vous à Solliès, pendant les trois jours de festivités varoises. Temps idéal pour un festival qui a attiré une foule énorme pour cette quinzième édition : si l’on mesure la fréquentation au nombre de voitures garées dans la montée vers le village, nul doute que des records ont été battus dès le vendredi après-midi. Bien que depuis quelques années, les belles tentes pointues s’étendent de plus en plus sur la place, il sera difficile de loger plus d’exposants et de recevoir plus de visiteurs pour la seizième session…

Il est vrai que le plateau proposé, malgré les inévitables défections de dernière minute (MARINI, MEYNET…), reste impressionnant et toujours aussi varié, offrant au public des talents dans tous les domaines. De ALICE à ZEP, l’amateur avait de quoi satisfaire sa curiosité, même si l’accès aux auteurs reste parfois une difficulté majeure pour ceux qui ne sont pas prêts à affronter les meutes bédépathes (®Meynet). On se dirige peu à peu vers les mêmes dérives que génèrent le sport ou le cinéma, où il faut se lever tôt pour apercevoir son idole et disposer de multiples astuces ou compromissions pour obtenir une trace physique de lui.

Bien évidemment ZEP est l’objet des meilleures et des pires attentions et il faut des trésors de patience et d’ingéniosité pour parvenir à donner un ticket à un enfant qui ne le cédera pas à prix d’or au premier dealer d’eBay (un album de GUARNIDO dédicacé s’y est vendu 890 euros !). On ne reviendra pas sur ce problème de moins en moins gérable des dédicaces car il semble qu’un Yaka (que je ne connais d’ailleurs pas) possède toutes les solutions. Dommage qu’il n’organise pas un festival pour les appliquer ! Lui saurait certainement dénicher de grands auteurs désireux de venir faire leurs huit heures quotidiennes sous le cagniard pour ses beaux yeux, se contenter d’un petit repas frugal et aller au dodo à neuf heures pour être au turbin le lendemain.

Bien dommage que des visiteurs ne parviennent pas à comprendre - parfois au bout de plusieurs années de pratique de Solliès - que la dédicace n’est pas la seule activité d’un festival - a fortiori quand l’entrée y est gratuite -, que les horaires sont variables en fonction du temps, de l’humeur de chacun et de la correction de ceux qui font la queue et surtout que c’est le soir que les dessinateurs sont disponibles, précisément lorsque les maniaques des horaires ont tous disparu à la fois, au coup de sifflet qui les lance aussi aux mêmes heures panurgiques sur les routes, vers les plages ou les centres commerciaux.

Faudra peut-être expliquer un jour à certains que le stationnement dans une file face à une place vide qui risque de le rester quelques heures relève d’une stupidité grégaire inquiétante et qu’il serait bien plus agréable pour tous - y compris à ceux qui veulent seulement traverser le défilé compact - de ne commencer à attendre son tour que lorsque l’auteur arrive. Il suffirait que tout le monde soit intelligent - on peut rêver une seconde - et qu’il soit admis que la visite du vieux village, des plages voisines ou de l’arrière-pays n’est pas totalement incompatible avec le goût pour la bande dessinée et le gribouillis artistique.

 

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